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Bien que la lèpre et la tuberculose ne soient pas exclusivement des maladies tropicales, leur incidence plus élevée dans les tropiques justifie leur élection. Le choléra et la fièvre jaune entrent également dans cette catégorie. Le congrès se propose de mieux faire connaître, de mieux comprendre les causes et les séquelles de toutes ces maladies, mais il se concentrera sur deux maladies, la diarrhée et le paludisme, qui chaque année causent 5 millions de décès (dont 3 millions pour la diarrhée et 2 millions pour la malaria) dans le monde, dont la majorité sont des enfants (26 000 par jour selon l'UNICEF) Des milliards de personnes ont besoin chaque année de soins cliniques pour le traitement des maladies tropicales. Car si pour la mortalité on parle de millions, pour la morbidité due à ces maladies on doit parler de milliards de personnes. L'impact sur l'économie des pays pauvres est énorme : baisse de la productivité, soins médicaux, médicaments, lits d'hôpitaux. L'OMS estime qu'en Afrique subsaharienne le coût annuel dû spécifiquement au paludisme est de 10 milliards d'euros. Chaque famille consacre en moyenne 12 % de ses maigres revenus aux dépenses anti-malaria. L'alphabétisation en souffre également : absentéisme des élèves et des enseignants. Les maladies tropicales entraînent les populations dans un cycle vicieux. Les pauvres sont plus facilement victimes des infections, ce qui les appauvrit encore plus et les rend encore plus sensibles aux vecteurs. Les victimes des maladies tropicales négligées se heurtent également à un grave opprobre social. De ce fait, ces maladies affectent la santé des pauvres et vouent à la pauvreté les personnes contaminées. Sur les plans national et régional, leurs effets sont si graves que ces maladies sont considérées comme des conditions qui favorisent la pauvreté et qui la perpétuent. Le fait de contracter la malaria plonge les familles concernées dans une détresse incommensurable. L'impact sur les personnes et la société dépend fortement du contexte social, économique et sanitaire d'un pays. Il est évidemment plus grand pour une tribu d'Indiens perdue au cœur de l'Amazonie que pour des touristes revenant avec une infection de ce type au pays. La mise en œuvre d'approches et de remèdes dépend également du contexte social et culturel. Tous changement culturel demande une adaptation et beaucoup de patience. C'est surtout de ces expériences de terrain que parleront les différents conférenciers. Les problèmes sont de nature multiple et ne peuvent être compris et résolus qu'en tenant compte d'aspects environnementaux, géographiques, sociaux et économiques. Les conférenciers des différents pays décriront l'impact des maladies tropicales dans leurs pays respectifs et les mesures prises pour les enrayer : relevés de terrain, épidémiologie, programmes de prévention, coopérations internationales, impacts sur l'analphabétisme et le chômage. Possibilités de traitement à coût modéré. La diarrhée existe sous différentes formes : aigue, dysentérique et/ou persistante. Très fréquente dans les pays chauds et une des principales causes de mortalité infantile dans le monde. Chez nous l'infection est connue sous le nom de diarrhée du touriste. Il existe des possibilités de traitement à coût modéré, telles que les solutions de réhydratation La réhydratation rapide avec des solutions de sel et de sucre permet de réduire la mortalité à moins de 2 % Le choléra guérit en quelques jours, même dans les formes graves, si la réhydratation est précoce et rapide. La réhydratation peut se faire de manière veineuse ou orale. Ou encore la stérilisation de l'eau par le procédé SODIS. Ce procédé (stérilisation de l'eau dans des bouteilles en plastique mises au soleil) a été expliqué aux jeunes luxembourgeois lors du Festival des Sciences de novembre 2003 et à l'occasion de nombreuses autres présentations power point dans les lycées et écoles du pays. Des projets pilote ont été mis en œuvre dans de nombreux pays : Malawi, Colombie (3x), Palestine (2x), Pérou, Maroc.. Ou encore les mesures d'hygiène préventive pour lutter contre les facteurs de transmission - protéger les puits, bouillir l'eau ou la traiter par le chlore - hygiène des aliments - savonnage des mains après la défécation et avant les repas - signaler les cas aux autorités médicales - des toilettes Blair adaptées aux besoins locaux. Le 25 septembre 2006 l'Organisation Mondiale de la Santé a recommandé officiellement le DDT pour IRS. La fumigation des parois intérieures des cases au DDT agit comme répulsif pour les moustiques qui n'entrent plus. Avec quelques euro on peut protéger toute une famille pendant une année. L'exemple du DDT montre bien comment différents intérêts économiques interviennent dans le traitement pour combattre la maladie du paludisme et il incombe de mettre en relation avantages et désavantages des différents traitements. La plante Artemisia annua est utilisée par les chinois depuis des millénaires pour le traitement de nombreuses maladies dont le paludisme. La tisane de cette plante guérit la malaria dans 90% des cas et sa mise en culture par les villageois eux-mêmes en fait un remède presque gratuit ou même une source de revenus potentielle. Tous ces projets mis en œuvre par IFBV et ses partenaires ont été accueillis et réalisés avec enthousiasme par les partenaires dans les pays du Sud. Leur impact risque d'être durable, vu que le coût du procédé est insignifiant, en comparaison avec toute autre méthode employant des moyens chimiques ou mécaniques. N'empêche qu'elles représentent un changement ou même une rupture culturelle qui demande beaucoup de doigté pour la mise en œuvre initiale. Le congrès étudiera les réussites et les échecs dans ce domaine. Il faut reconnaître que l'intérêt des sociétés pharmaceutiques pour ces approches presque gratuites est réticent. Elles ne trouvent guère de soutien non plus chez les autorités médicales de certains pays parce que le flux d'argent et de subsides qu'elles entraînent et dont beaucoup de fonctionnaires profitent au passage est quasi nul. Partenaires et compétences existantes Pierre Lutgen de IFBV a des contacts de travail avec plusieurs centres universitaires, ayant participé avec lui à des projets de recherche, mais également avec des centres universitaires dans le Tiers-Monde. Le Ministère de la Santé, DIRECTION de la SANTE, Division de la Santé au Travail (Dr Carlo Steffes, Dr Robert Goerens) fera le suivi pour les questions de nature médicale. Monsieur Georges Keipes du Jardin de Simples (Kraiderguart) de Winseler a une longue expérience en plantes médicinales. Insistons cependant sur le fait qu'il s'agit d'un symposium de sensibilisation et non pas d'un congrès médical. Retombées scientifiques pour le Luxembourg Trois années de travail sur le terrain luxembourgeois, que ce soit aux Festivals des Sciences, ou encore lors de projets de sensibilisation dans les écoles, nous ont appris qu'il existait une méconnaissance totale parmi les jeunes (et les adultes) sur les différentes maladies tropicales, sur l'impact humanitaire et économique de ces maladies et les solutions relativement simples qui existent pour y remédier. Ce symposium devrait susciter un intérêt plus grand parmi les jeunes pour s'intéresser à la recherche scientifique dans ce domaine, sensibiliser les instances officielles à consacrer plus de ressources à ces fléaux et créer un réseau de collaboration scientifique dans ce domaine où le Luxembourg pourrait être la plaque tournante. |